banner

Sau 15 năm hoạt động (2008-2023), website Ái hữu Đại học Sư Phạm Sài gòn tạm ngưng việc đăng thêm bài vở và tin tức.

Độc giả muốn lưu giữ bài viết và hình ảnh để làm tư liệu, xin vui lòng truy cập vào các tiết mục đã đăng trên trang web để download.

Xin chân thành cảm tạ sự hợp tác của tất cả các tác giả và độc giả đã dành cho trang web.

20.07.2023
Admin Website Ái hữu Đại học Sư phạm Sàigòn

Analyse d'une guerre

tran ngoc quang

Dr. Trần Ngọc Quang

Comment expliquer plus tard à mes petits-enfants la guerre du Viêt Nam que nous avons perdue et ce qui nous a poussé à demander l’asile en France? Ils auront peut être déjà vu "Vietnam a Television History", histoire déformée de cette guerre inspirée du livre de Stanley Karnov ou la série télévisée d'Antenne 2 sur le Viêt Nam de Henri de Turenne, ou auront eu une vision déformée par des écrits de la gauche partisane tels que ceux de David Halberstam, Neil Sheehan, Tiziano Terzani, ou de communistes comme Wilfred Burchett mais espérons le ils auront consulté d'autres ouvrages comme ceux de Stephen B.Young, Pierre Darcourt, Dou-glas Pike.... et ceux du Vietnam Center de Lubbock au Texas.
Les canons se sont tus depuis plus de 35 ans mais la guerre du Viêt Nam continue de hanter la mémoire des Vietnamiens de ma génération: pourquoi les Etats-Unis si puissants dans les années 60 ont-ils perdu cette guerre? Pour com-prendre ce sujet complexe, il faut se reporter au contexte de l’époque et consulter les Mémoires des hommes politiques ainsi que certaines archives secrètes américaines dévoilées récemment: malgré plus de dix ans de combat qui ont coûté la vie à 58000 soldats américains et un tonnage de bombardement deux fois plus élevé que celui de la deuxième guerre mondiale, le Congrès américain n'a jamais fait de déclaration de guerre! Quand le Nord Viêt Nam a été ouvert au tourisme dans les années 1990, j’ai vu à Hà Nội et dans ses environs des maisons intactes remontant à la période coloniale française: mais où étaient donc lâchées les bombes que nous avons vues à la télévision? Quand on pense que Dresde et Hambourg ont été rasés en deux nuits en 1945, on se pose des questions... La position du Sud Viêt Nam vis-à-vis du Nord communiste dans cette guerre était celle d'un combat de boxe où un adversaire a un bras lié derrière le dos: il était défendu de livrer des batailles au dessus du 17è parallèle, mais les communistes du Nord pouvaient infiltrer et même envahir le Sud.
De nombreux livres et articles ont été écrits sur cette première guerre largement médiatisée et avec une place importante donnée aux images télévisées; après 30 ans les secrets du Pentagone et de la C.I.A. ont été dévoilés, nous livrant des vérités navrantes qui confirment les révélations de William Conrad Gibbons dans son livre "The U.S. Government and the Vietnam War" publié en 1989.
Non, le Sud Viêt Nam n'était pas perdu à la suite de la démission du Président Richard Nixon après le scandale de Watergate le 8 août 1974 bien qu'il ait promis par écrit au Président du Sud Viêt Nam de le secourir en cas de violations des accords par le Nord,
Non, le Sud Viêt Nam n'était pas perdu après les violations des Accords de Paris du 17 janvier 1973, mais il était déjà condamné depuis la Conférence de Genève sur la neutralité du Laos en Juillet 1962 et même avant cela depuis les Accords de Genève sur la guerre d'Indochine signés le 20 juillet 1954 après la bataille de Điện Biên Phủ…
Il aurait fallu régler en même temps le problème du Laos qui aurait dû être divisé en deux comme le Viêt Nam, malgré les réticences de la France et de la Grande Bretagne et même sans revendication du Pathet Lao communiste*.
Or il n'avait été question que de la guerre au Viêt Nam, le Premier Ministre français Pierre Mendès-France n'avait eu que trente jours pour régler le conflit indochinois, faute de quoi son gouvernement devrait démissionner. Cet "oubli" du Laos était-il voulu par les puissances étrangères ? Il semblerait que non, ce n'était qu'une ma-ladresse des politiciens et peut être des stratèges militaires de cette époque. Quand on pense que Điện Biên Phủ est à 8 kilomètres de la frontière du Viêt Nam et du Nord Laos, que ce pays dont la superficie est la moitié de la France a 1000 km de frontière commune avec le Viêt Nam et 200 km avec la Chine, régler seulement le problème de la guerre d'Indochine par la division du Viêt Nam au 17è parallèle sans traiter le problème du Laos laisse songeur. Les communistes laotiens occupaient déjà en 1954 deux provinces septentrionales du Laos et les ravitaillements chinois y transitaient depuis 1950 durant la guerre d'Indochine….
Rappelons qu'en 1956 devant le refus du Président Ngô Đình Diệm et des Etats-Unis d'organiser des élections selon les Accords de Genève (qu'ils n'avaient d'ailleurs pas signés), les communistes nord-vietnamiens avaient décidé de continuer la lutte armée au Sud Viêt Nam en contournant la ligne de démarcation du 17è parallèle par le Laos. Cette décision a été concrétisée par la "15è Résolution" du Parti Communiste Vietnamien en janvier 1959 qui avait décidé de construire une route complexe dans la jungle laotienne pour emmener hommes et munitions vers le sud. Que faisait donc la C.I.A. d'Allan Dulles à cette époque ? Elle connaissait certainement ces faits mais n'aurait pas fourni assez d'éléments pour que le Département d'Etat puisse les analyser, ou bien les diplomates américains des années 1958-1960 tels que John Foster Dulles ont-ils sous-estimé Hồ Chí Minh qui avait ouvert "un autre front" au Sud Viêt Nam.
C'est ainsi qu'a été créé en décembre 1960 le "Front National de Libération du Sud Viêt Nam", un paravent reconnu et avoué par la suite par Hà Nội, regroupant l'opposition au régime pro-américain, les communistes du sud (Viêt Cộng), des intellectuels de gauche formés en France dont certains étaient même membres du Parti Communiste Français, et les combattants infiltrés du Nord de plus en plus nombreux. Ces intellectuels assez idéalistes pour croire aux promesses du PCV (Parti Communiste Vietnamien) seront d'ailleurs écartés du pouvoir dès la fin de la guerre.
L'histoire a mentionné que lors de la passation des pouvoirs présidentiels à la Maison Blanche entre le Président sortant et John Fitzgerald Kennedy en janvier 1961, Dwight Eisenhower a parlé pendant plus d'une heure du Laos et une minute à peine du Viêt Nam, bien que le Front de Libération du Sud Viêt Nam fût déjà créé. Si le Laos avait été divisé en deux comme le Viêt Nam, une ligne unique de démarcation divisant ces deux pays aurait permis de mieux contrôler l'infiltration communiste. On pourrait même porter la guerre au Laos au lieu de se retirer au Viêt Nam pour essayer de le défendre derrière une longue frontière passoire comme Kennedy l'avait voulu.

*L'Indochine Française comprenait le Viêt Nam (Tonkin, Annam et Cochinchine), Le Laos et le Cambodge. Les Accords de Genève de 1954 divisaient au 17è parallèle le Viêt Nam en 2 : le Nord communiste et le Sud ayant une démocratie de type occidental.

Kennedy avait été élu en novembre 1960 avec un des scores les plus serrés de l'histoire américaine : 49,5% contre Nixon à 49,4%, d’ailleurs durant la campagne électorale celui-ci avait attaqué Kennedy pour son manque de fermeté face au communisme. Si le Vice-président Nixon l'avait remporté en 1960 il aurait suivi la politique du Président Eisenhower et porté les hostilités au Laos et il n'y aurait peut être pas eu de guerre du Viêt Nam et toutes les conséquences tragiques qui en découlent. Mais on ne refait pas l'histoire avec des "SI" ou des "MAIS", le mieux est d'essayer d'analyser la situation de l'époque.

analyse guerre

analyse guerre

Les Etats-Unis ont commis une grave erreur stratégique en 1954 en croyant pouvoir régler le problème du Laos ultérieurement mais c’était plutôt le Laos qui allait bientôt régler le sort du Viêt Nam. A la Conférence de Genève de 1962 sur le Laos, la diplomatie américaine a été confiée au démocrate William Averell Harri-man, Assistant du Ministre des Affaires Etrangères chargé des questions de l'Asie du Sud-est. Il connaissait assez bien le communisme mais faisait de plus en plus de concessions à ces derniers, très probablement sous la pression de sénateurs juifs qui n'avaient jamais voulu un engagement fort des Etats Unis en Asie au détriment de l'aide à Israël. C’est peut être sur l’ordre de Kennedy que Harriman ignorait totalement la proposition du Maréchal Chen Yi, représentant de la Chine qui aurait proposé la partition du Laos car Pékin n'avait jamais voulu d'un Viêt Nam voisin trop puissant.
L'opinion publique a surestimé les valeurs du Président John Fitzgerald Kennedy qui n'a été au pouvoir que pendant trois ans: la levée des secrets a révélé que c’était un personnage indécis, entouré de conseillers certes diplômés ("The whiz kids", les jeunes génies) mais ignorant totalement les problèmes de l’Asie du Sud-est, de plus Kennedy et son équipe n'ont pas écouté les conseils Eisenhower.

En 1956, après avoir aidé le Président Ngô Đình Diệm à relever le Sud Viêt Nam, les Etats-Unis auraient dû faire de même au Laos pour aider davantage les laotiens pro-occidentaux du Prince Boun Oum et Phoui Sananikone à lutter contre les communistes laotiens sous la direction du Prince Souphanouvong et attirer davantage vers la droite les neutralistes à tendance communiste du Prince Souvanna Phouma.
Quand le gouvernement nationaliste de Phoui Sananikone a été renversé en août 1960 par le capitaine Khong Le, de tendance neutraliste, pour installer Souvanna Phouma, son gouvernement a été reconnu tout de suite par Moscou et Hà Nôi. Le général Phoumi Nosavan de l'armée royale, appuyé par les Américains, libéra Vientiane obligeant Souvana Phouma à se retrancher au Cambodge et Khong Le à se retirer vers les troupes communistes du Pathet Lao ; celles ci opposèrent une résistance farouche aux soldats du général Phoumi Nosavan car elles étaient ravitaillées par les Russes et les Nord-vietnamiens.
Telle était la situation quand Kennedy arriva au pouvoir en janvier 1961.
Or pour envahir le Sud Viêt Nam, les communistes ne pouvaient le faire que par le Laos car, déferler au-dessous du 17è parallèle qui séparait les deux Viêt Nam comme ils l'ont fait en Corée, aurait pu déclencher les foudres des nations occidentales et une nouvelle guerre. Le Parti Communiste Vietnamien, qui rappelons-le s’appelait auparavant Parti Communiste Indochinois car Hồ Chí Minh, membre de la Troisième Internationale Communiste, qui avait toujours eu ce rêve d’expansion du communisme sur toute l’Indochine, avait vu cette faille et, dès 1956, avait élaboré une stratégie pour envahir le Sud Viêt Nam. Il lui fallait à tout prix contrôler le Laos et attirer progressivement le Cambodge dans son camp, cela la Chine de-venue communiste depuis 1949 s'en chargerait car il lui avait toujours manqué une ouverture vers les mers du Sud. L’histoire démontrera les ambitions chinoises sur les îles Paracels et Spratlys, situées sous le 17è parallèle et appartenant au Sud Viêt Nam. Hồ Chí Minh et le Premier Ministre Phạm Văn Đồng du Nord Viêt Nam l'avaient compris et en 1958 avaient secrètement mais officiellement concédé ces îles à la Chine pour avoir son soutien matériel dans la lutte qui allait suivre.

La première grande faute de Kennedy était de n'avoir pas défini nettement au début de son mandat la politique des Etats-Unis en Asie du Sud-est. Par la suite Johnson a suivi cette politique, se contentant d'escalader la guerre mais sans réelle intention de la gagner. Les Etats Unis à cette époque croyaient à la "théorie des Dominos", estimant que la perte d'un état du sud-est asiatique entrainerait la chute d'autres pays, ce que l'histoire par la suite a démontré être une conception erronée. L'autre concept américain était de considérer la Chine communiste comme son seul adversaire, car après la guerre de Corée les Américains étaient convaincus que la Chine interviendrait s'ils attaquaient le Nord Viêt Nam, et qu’ils ne devaient pas essayer de renverser le régime communiste d'un pays limitrophe de la Chine ni mener des opérations militaires près de la frontière chinoise. Cette vision des choses allait dicter plus tard la politique des Présidents Johnson et Nixon qui n'osaient pas envisager des opérations militaires terrestres en dehors du Sud Viêt Nam.

La deuxième faute de Kennedy fut d'avoir proposé en 1962 la neutralité du Laos considérant que ce pays ne se prêtait pas à des combats aéronavals tels que les américains les concevaient et croyant que les communistes nord vietnamiens respecteraient plus ou moins cette neutralité en n’envahissant pas massivement le Sud Viêt Nam. Même le Général Maxwell Taylor, le conseiller militaire le plus écouté de Kennedy, avait commis la même erreur de jugement que ses prédécesseurs français en "excluant la possibilité de fortes ripostes du Nord Viêtnam, qu'il ne faut pas craindre un afflux massif des troupes communistes et que le nord est extrêmement vulnérable aux bombardements classiques", toutes ces affirmations qui vont guider la politique américaine dans la guerre du Viêt Nam se sont révélées erronées par la suite. En 1962 quand George Ball prédisait qu'il faudrait envoyer un jour ou l'autre 300 000 soldats américains au Viêt Nam, Kennedy lui avait dit: "George, vous êtes fou, cela ne se produira jamais!", pourtant trois ans après le nombre de soldats américains au Viêt Nam atteignait un demi-million...

Devant cette crédulité américaine sur la neutralité du Laos, Hanoi s'est hâté d'agrandir "la piste Hồ Chí Minh" par le Groupe 559 du génie militaire qui permettra après les Accords de Paris en janvier 1973, d'acheminer des chars T54 soviétiques et un pipe-line jusqu'à 60 km de Saigon en passant par le Laos et le Cam-bodge! Rappelons que cette fameuse "piste", composée de multiples déviations, était située à plus de 70% sur le territoire laotien et qu'elle était parfois assez large pour laisser se croiser des tanks et des camions Molotova en 1974 selon les photos prises par satellite. En 1971 il y avait constamment 2500 à 3000 camions dans la partie laotienne de cette "piste" et chaque nuit des convois de 500 à 1000 camions circulaient, transportant vivres et munitions vers le sud. Hà Nội a reconnu une perte de 35 000 camions durant les bombardements, les sources américaines citaient 46 000 camions. Déjà en 1967 durant une trêve américaine de bombardement sur cette voie d'infiltration lors d’une tentative de négociation par l'intermédiaire du Premier Ministre russe Alexeï Kossygine en visite à Londres, Hà Nôi avait tellement intensifié son invasion vers le 17è parallèle qu'un pilote d'avion d'observation l'avait comparée au "New Jersey Turnpike" lors d'un retour de week-end !

Mais comment la diplomatie américaine était-elle stupide au point de vouloir proposer une neutralité du Laos en 1962? Pourtant de 1956 à 1959 la C.I.A. et les Forces Spéciales américaines étaient au Laos et les renseignements ne manquaient pas pour alerter la Maison Blanche. En 1960 lors des derniers mois du gouvernement Eisenhower les troubles s’étaient intensifiés et le Président américain avait même précisé que celui qui tiendrait le Laos tiendrait le Sud Est Asiatique et qu'il fallait garder à tout prix le Laos, ce qui n’a jamais été écouté par l’équipe de Kennedy.
Alexis Johnson, Sous-secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères avait aussi mis en garde Kennedy en juillet 1961 que le "Laos était la clé du Viêt Nam" après l'échec contre le Pathet Lao à Tchépone, ville stratégique de la partie laotienne de la piste d’infiltration sous le 17e parallèle. Les régions de Tchépone et de Paksé, c'est-à-dire les provinces les plus au sud du Laos comme Salavan et Champasak, auraient dû être contrôlées mais l'envoi des forces américaines au Laos n'avait toujours pas été décidé malgré de multiples réunions à la Maison Blanche. Kennedy penchait plutôt vers les négociations, encouragé par Averell Harriman et surtout par le sénateur Mike Mansfield du Montana, fraichement élu leader de la majorité démocrate au Sénat, qui prêchait une neutralité du Laos.

Michael V. Foresstal l’un des principaux conseillers de Kennedy et Head of the Vietnam Coordinating Committee choisi pour son "regard neuf", avait pourtant averti le Président, avant d’accepter le poste que celui-ci lui proposa au National Security Commission, qu’il ne connaissait strictement rien à l’Asie en général et au Viêt Nam en particulier! Un autre conseiller, très diplômé, Mc George Bundy, un "faucon" par rapport aux autres "colombes", avait au contraire conseillé l'envoi massif de soldats américains au Laos mais n'avait pas été écouté par le Pentagone. Son collaborateur Walt Whitman Rostow, Directeur de Planification au minis-tère des Affaires Etrangères, avait ensuite élaboré le plan d'envoi massif des GI's au Viêt Nam, et la proposition avait été approuvée tout de suite par Kennedy en 1962. Toutes ces décisions prises à Washington par des civils étaient parfois contradictoires et même le Pentagone n'osait pas s'engager au Laos.

Cette stupidité américaine concernant le Laos mérite que l'on s'arrête plus longtemps sur cette fameuse conférence de Genève de 1962, passée presque inaperçue aux yeux du grand public mais qui est la cause de tous les maux à venir pour le Sud Viêt Nam. La diplomatie américaine a été confiée à Averell Harriman qui avait élaboré tout le plan sur la neutralité du Laos, son équipe avait conseillé de faire une guerre selon les "normes américaines" au Sud Viêt Nam plutôt qu'au Laos car les troupes américaines n'avaient pas l'habitude de combattre sur un tel terrain, ce qui est vrai car à cette époque on ne parlait que de missiles atomiques et non de guerre conventionnelle comme en 1942. Le Laos était trop loin, très peu de gens savaient où il était situé, que dire de sa position géostratégique, bref personne en 1962 ne s'intéressait à ce pays, sauf le bloc communiste ! D'ailleurs aucun pays de la conférence de Genève de 1962 n'avait l'intention de respecter cette neutralité une fois les troupes américaines retirées, et effectivement les troubles reprenaient en janvier de l'année suivante poussés par Hà Nôi qui avait hâte de se servir du Laos pour acheminer les armes vers le Sud Viêt Nam. Ce plan de neutralité du Laos par le gouvernement Kennedy avait cependant déclenché un lever de boucliers au Pentagone : un "Laos neutre, souverain et indépendant" ne sont que des mots car ce pays de moins de cinq millions d’habitants n'avait pas les moyens de défendre ses frontières contre les nord-vietnamiens et le Pathet Lao communiste; ainsi le Bas Laos, surtout les provinces de Champasak, Salavan et Attapeu, allait devenir un camp retranché pour les forces communistes avant leur infiltration au Sud Viêt Nam. Les documents sur cette conférence ont montré une naïveté américaine déconcertante, les instructions de Kennedy montraient que c'était un président hésitant, même faible disait sa femme Jacqueline à Daniel Ellsberg (le futur déclencheur des "Pentagon Papers" du New York Times en 1971). Il deman-dait souvent à ses subordonnés ce qu'ils feraient à sa place : ces hésitations de Kennedy causèrent par la suite la mort de 58 000 soldats américains, la perte du Sud Viêt Nam et le malheur de millions de Sud Vietnamiens abandonnant pays et famille pour fuir le régime communiste.

La troisième faute de Kennedy fut d'approuver Roger Hilsman, Mike Mansfield (qui avait soutenu le Président Ngô Đình Diệm en 1954), ainsi que Averell Hariman dans l'élaboration du coup d'état du 01 novembre 1963 pour renverser le gouvernement de Saigon du Président Ngô Đình Diệm; il n'avait pas non plus formellement interdit aux généraux sud-vietnamiens putschistes de l’assassiner, semant l'anarchie au Sud Viêt Nam après sa mort. Les bandes enregistrées à la Mai-son Blanche et les archives ont révélé que c'était sur l'ordre du Général Dương Văn Minh et l'accord tacite des américains que le président et son frère ont été abattus dans un véhicule blindé M113, bien que l'Ambassadeur des Etats Unis Henry Cabot Lodge eût promis auparavant la vie sauve à Ngô Đình Diệm s'il quittait le pays. Les Français et l'ancien Empereur Bảo Đại avaient installé Ngô Đình Diệm comme Premier Ministre au Sud Viêt Nam en 1954 et les Etats Unis ont tout de suite sou-tenu son gouvernement. Il avait été reçu par Eisenhower à Washington en tant que Chef d'Etat en 1957, Lyndon Baines Johnson alors Vice Président, l'avait même surnommé "le Churchill de l'Asie" et le fait d'autoriser un coup d'état fatal 8 ans plus tard faisait perdre toute crédibilité aux Etats-Unis dans le monde entier. La cause réelle du renversement de Ngô Đình Diệm était son opposition à l'entrée massive de soldats américains sur le sol vietnamien en 1962, ce qui est contraire à la politique étrangère américaine qui veut tout contrôler là où les Etats Unis four-nissent une aide économique. Le problème de l'oppression contre les bouddhistes par Saigon en 1963 était vrai mais exagéré par la presse qui était poussée par la C.I.A., et servait de prétexte pour stimuler les médias.

Par la suite, la présence de l'armée américaine au Viêt Nam devenait du pain bénit pour la propagande communiste d'une "guerre de libération" du sud contre un nouvel envahisseur étranger. Le Cambodge était sous l’autorité du prince Norodom Sihanouk, qui se disait neutre mais en réalité laissait les partisans viêt cộng, venant de la frontière laotienne du Champasak, se servir de son territoire pour s'infiltrer au Sud Viêt Nam et installer leur Centre de Commandement ("Noyau R") ; le port de Sihanouk Ville (actuellement Kompong Som) recevait les armes chinoises par voie maritime avant d'être acheminées vers le territoire viet-namien. Ainsi donc les Nord-Vietnamiens pouvaient infiltrer impunément le Sud Viêt Nam en passant par le Laos et le Cambodge, leur nombre atteignait presque un million de soldats, malgré cela il y avait des gens en occident qui croyaient naïvement que c'était le peuple du sud qui s'était "révolté" et qu'il n'y avait pas de soldats nordistes !

Kennedy a été assassiné 3 semaines après le coup d'état renversant Diệm, et Lyndon Baines Johnson le nouveau Président a laissé aux bureaucrates de la Maison Blanche, comme William Bundy et Robert Mac Namara, interrompre le plan des "Hameaux Stratégiques" qui isolaient les Viêt Công de la population. Mac Namara était un ancien Directeur de Ford devenu Ministre de la Défense, gérant la guerre avec des chiffres comme un manager et ignorait totalement les problèmes militaires comme il l’a avoué dans ses mémoires. L'arrêt de ce plan a été fait sur l'initiative du général Dương Văn Minh, qui n'était pas une lumière en matière politique ni un stratège militaire : en 1976 les vainqueurs nordistes ont révélé que c'était "un don du ciel" d'avoir interrompu le plan des Hameaux Stratégiques dans les régions populeuses qui les ont rendu vulnérables, tout comme Hồ Chí Minh avait dit après l'assassinat de Diệm au journaliste communiste Wilfred Burchett: "Je ne pensais pas que les Américains étaient stupides à ce point !"
En 1964 les Américains ont pris une part de plus en plus active dans la guerre qui nous opposait au bloc communiste. Après les incidents du golfe du Tonkin en août 1964 où des vedettes lance-torpilles nord vietnamiennes auraient provoqué le destroyer U.S.S. Maddox en territoire maritime international dans le golfe du Tonkin, Johnson avait eu le feu vert du Congrès par le "Gulf of Tonkin Re-solution" (416 votes POUR contre 0 vote NON) pour contre-attaquer, mais il n'a pas su exploiter, comme après Pearl Harbour, l'union du peuple américain après le 7 décembre 1941. Avec une armée de plus de 23 000 hommes en 1964 et l'armée du Sud Viêt Nam ainsi que l'aéronavale de la 7è flotte du Pacifique, vaincre le Nord Viêt Nam aurait pu être une question de mois. Le général Mac Arthur avait dit en son temps "En guerre, il n'y a pas de solution autre que la victoire" mais Kennedy n'avait pas défini quelle type de victoire et de guerre à mener au Viêt Nam, et Johnson trop faible de caractère, se contenta d'escalader les bombardements du Nord Viêt Nam sans autoriser des opérations terrestres au delà du 17è parallèle car il surestimait la menace chinoise. Le Pentagone croyait faire fléchir le Nord Viêt Nam sous les bombardements, c'était méconnaitre totalement la mentalité communiste asiatique. La C.I.A. n'avait pas fourni de bons renseignements et Dean Rusk, Ministre des Affaires Etrangères, influencé par la marée humaine en Corée, avait mal analysé la situation de l'époque car nous savons maintenant que Mao Tsé Toung en pleine révolution culturelle ne serait jamais intervenu tant que les attaques ne toucheraient pas le sol chinois. Les Russes sous Khrouchtchev puis sous Brejnev, avaient aussi d'autres soucis en Europe comme le désarmement nucléaire et ne seraient pas non plus intervenus. Il aurait fallu redoubler de diplomatie envers les Russes, rassurer les Chinois et gagner la guerre en quelques mois puis se retirer car Johnson avait le feu vert total du Congrès. Hélas ce président faible a laissé passer cette chance peut être unique de régler rapidement le problème vietnamien.

Je n'oublierai jamais l'interview du général israélien Moshe Dayan en juillet 1966 lors de sa visite au Viêt Nam: devant de nombreux journalistes occidentaux, le reporter François Sully de Newsweek lui avait demandé: "Quand croyez-vous que les Américains vont gagner la guerre?" Celui-ci a répondu simplement: "En 1965", c'est-à-dire l'année précédente ! Il avait même écrit par la suite, peut être sous l'influence des juifs d'Amérique qui craignaient un enlisement des Etats Unis gênant l'aide américaine à Israël, que les Américains ne pourraient pas gagner cette guerre telle qu'elle était menée et devraient retirer leurs troupes hors du Viêt Nam.

La presse occidentale a estimé qu'il fallait un million de dollars pour tuer un Viêt công dans cette drôle de guerre où le MACV (Military Assistant Command Viet Nam) à Saigon et dépendant de la 7è flotte à Honolulu, devait recevoir des ordres des civils du Pentagone et de la Maison Blanche pour attaquer un objectif, selon le Général William Westmoreland, Commandant de la MACV, dans son livre "A Soldier Reports". De plus, sa phrase célèbre "Je voulais aller à Tchépone mais je n'ai pas pu avoir les billets" expliquait bien ses difficultés de commandement. De même l'Amiral Ulysses Grant Sharp Jr., Commandant de la 7è flotte du Pacifique, l'a répé-té dans "Strategy for Defeat" que les cibles de bombardement au Laos et au Nord Viêt Nam étaient définies par les civils de Washington ! George Herring a bien ré-sumé l'état d'âme de Westmoreland dans son livre "LBJ and Vietnam: a differend kind of war": une guerre limitée avec des objectifs limités, des combats avec des moyens limités dans une guerre définie par des possibilités limitées... "Drôle de guerre" mais meurtrière pour ces jeunes appelés de 20 ans, nés dans l'abondance américaine après la deuxième guerre mondiale et débarquant après trois mois d'entrainement sur la "planète Viêt Nam" pour défendre le monde libre contre le communisme international !

Entre temps, le parti communiste vietnamien redoublait son activité de propagande dans les démocraties occidentales visant d'abord la gauche puis un public plus large. C'est ainsi qu'on a vu les gauchistes d'alors manifester naïvement à Pa-ris en 1968 pour le Maoïsme sans savoir que Mao Tsé Toung avait liquidé des millions de personnes sous un régime dictatorial, ou agiter le drapeau du Front de Libération du Sud Viêt Nam, tombant dans le piège de Hanoi qui avait toujours prétendu que c'est le Sud qui s'était révolté et que le Nord était en dehors de cette lutte ! Les intellectuels de gauche occidentaux ont crû à cette affabulation et ensuite au Gouvernement Révolutionnaire Provisoire du Sud Viêt Nam jusqu'à la chute de Saigon où les chars du Nord ont fait leur apparition avec des milliers de soldats nordistes. Même les Viêt Cộng du Sud Viêt Nam ont été trompés par le Parti Communiste Vietnamien car après la réunification du pays en 1976, ceux-ci ont été progressivement mis de côté.

Personne ne s'intéressait à la République du Sud Viêt Nam qui, abandonnée de tous et bientôt de son allié américain, continuait vaillamment la lutte pour sa survie. Ce n'était pas une guerre américaine, même pas une guerre entre les deux Viêt Nam mais la guerre entre le bloc communiste soutenu par l'URSS ainsi que leurs satellites et le bloc occidental, soutenu par les Américains. Bientôt lassée de cette lutte d'usure et des mouvements pacifistes qui s'amplifiaient partout aux Etats-Unis à partir de 1968, l'Amérique a décidé de laisser tomber en 1972 son ancien allié par l'intermédiaire d'un personnage mensonger nommé Henry Alfred Kissinger. D'ailleurs dès 1968 les Etats Unis voulaient déjà se retirer du Viêt Nam, la nomination par le Président Johnson d'un autre civil ayant très peu d'expérience militaire nommé Clark McAdam Clifford remplaçant Robert Mc Namara comme Ministre de la Défense, le montrait clairement car Clifford était contre la guerre et personne au Pentagone n'osait le contredire. Pourtant les deux commandants du MACV et de la 7è flotte avaient proposé de barrer les routes d'infiltration en attaquant le Bas Laos et d'autoriser l'aéronavale à attaquer les cibles stratégiques au Nord Viêt Nam. Les civils de Washington ont ainsi laissé encore passer cette chance, peut être la dernière, de gagner cette guerre en mai 1968 après l'offensive du Têt, où les troupes du Front National de Libération du Sud Viêt Nam ont été éliminées à plus de 50%. Cette offensive générale de 1968 avait été une grande défaite militaire des communistes mais une victoire en politique étrangère. Rappelons que les Etats Unis sous Richard Nixon ont finalement accordé à l'armée de la République du Viêt Nam le droit d'envahir le Cambodge en mai 1970 et le Bas Laos en février 1971 mais c'était trop tard, la "vietnamisation" de la guerre qui avait commencé en 1969 (comme si les sud-vietnamiens ne se sont pas battus avant !) avait réduit l'effectif des troupes et 75% des américains s'étaient déjà retirés: on voulait seulement changer la couleur de la peau des morts. Pourtant il y avait encore des sénateurs naïfs comme James William Fulbright de l’Arkansas qui interrogeait durant l'exposé du Comité des Affaires Etrangères au Sénat en 1971: "Mais pour quelle raison le nord Viêt Nam voulait-il conquérir le Laos ?"

Après le voyage de Nixon à Pékin en 1972, la Chine a promis d'arrêter sa politique expansionniste en Asie et de s'ouvrir au commerce international, le Viêt Nam n'était plus un bastion du monde libre dans la lutte contre le communisme et de ce fait, seule la restitution des prisonniers américains était importante, pour le reste "les Vietnamiens n'ont qu'à se débrouiller entre eux"! L'histoire a révélé les dessous des Accords de Paris du 27 janvier 1973, et la maladresse des américains quand ils ont arrêté les bombardements intensifs du nord en décembre 1972 pour amener les Nord Vietnamiens à revenir aux pourparlers à Paris, pourtant le Nord aurait été prêt à céder si les bombardements avaient continué encore quelques jours. A Paris, Kissinger courbait l'échine devant Lê Đức Thọ, un des membres les plus puissants du Polit Bureau de Hà Nội et comme il le disait dans ses mémoires, comme un "élève puni devant son maitre", mais menaçait et obligeait le Président du Sud Viêt Nam Nguyễn Văn Thiệu à accepter les conditions de Nixon: les Améri-cains devaient se retirer mais les troupes de Hanoi restaient sur place au Sud Viêt Nam ! Larry Berman a décrit dans son livre "No Peace, no Honor : Nixon, Kissinger, and betrayal in Vietnam" la lâcheté des Américains de cette époque, voulant à tout prix "se retirer dans l'honneur", tout en condamnant le Sud Viêt Nam en réduisant l'aide économique et militaire pendant que le bloc communiste intensifiait au maximum son soutien. Pourtant l'armée du Sud Viêt Nam avait prouvé sa bravoure et avait tenu seule en échec l'offensive générale ennemie en 1972, mais après les accords de Paris l'aide militaire avait été fortement diminuée, un canon ne pouvait tirer que trois obus par jour, les avions ne pouvaient décoller que quelques heures par sortie. Le savait-on en occident avant de critiquer cette armée? Après ce cessez-le-feu "en peau de léopard", les Nord Vietnamiens ne redoutaient plus les bombardiers B52 le long de la "piste Hồ Chí Minh" et envahissaient impunément en 1973 le Laos et le Cambodge pour descendre au Sud. Leurs troupes étaient de l’ordre de dix divisions et avec l'aide matérielle soviétique et chinoise, elles avaient commencé leur assaut final après que le Congrès américain avec une majorité démocrate sous une présidence républicaine, eût voté une loi interdisant l'envoi des troupes américaines hors des Etats Unis sans le consentement du Congrès, tout en réduisant au maximum l'aide matérielle à Saigon. Une retraite maladroite et mal étudiée précipita la défaite de l'armée du Sud en deux mois. L'ordre de reddition sans condition fut donné le 30 avril 1975 par le Président Dương Văn Minh fraichement désigné, celui qui fut à la tête du coup d'Etat en 1963, pendant que le 4è corps d'armée du delta du Mékong n'avait pas encore livré une seule bataille.

La chute de Saigon restera un tournant dans l'histoire contemporaine, elle a marqué des milliers de Français et d'Américains ainsi que des millions de Vietnamiens dans une guerre de trente ans qui aurait pu être évitée en 1946 car tous les pays colonisés en Asie avaient eu leur indépendance sans guerre. Personne ne croyait plus à l'amitié américaine et comme disait un diplomate, mieux vaut être un ennemi des Etats Unis que son allié. Le communisme s'étendait en Afrique et en Amérique du Sud et n'avait jamais été plus expansionniste, jusqu'à sa chute en 1991. Les Etats Unis ne se sont jamais remis de cette défaite qui va imprégner leur politique intérieure par le "Vietnam Syndrome" et leur politique étrangère comme leurs réticences à s'engager au Nicaragua, au Salvador ou aux Honduras, ou leur retrait hors de Beyrouth, Richard Nixon a bien résumé cet état d'âme dans son livre "No More Vietnams".

En France les intellectuels de gauche ont enfin "ouvert les yeux" devant le drame des boat people: pourquoi ces Vietnamiens fuient-ils leur pays sur des bateaux de fortune au risque de leur vie après la paix et la réunification? Ce sont des intellectuels, des militaires libérés des camps de rééducation, des sudistes ayant vu le vrai visage du nouveau régime, des fonctionnaires dont les enfants ne peuvent pas accéder à l'université... L'acteur Yves Montand (ancien membre du Parti Communiste Français) et Bernard Kouchner (ancien Président de l'Association des Etudiants Communistes de France, ancien Ministre des Affaires Etrangères et ancien Ministre de la Santé) affrétèrent le bateau "Ile de Lumière" pour recueillir les réfugiés en mer. Jean Lacouture du journal Le Monde qui avait toujours soutenu Hà Nội et admiré Hồ Chí Minh dans son livre bibliographique, fut le premier journaliste autorisé à voyager librement du nord au sud avec sa femme, et sortit un livre en 1976 plein de points d'interrogation "Vietnam, voyage à travers une victoire". Olivier Todd publia "Cruel Avril" et on ne reconnaissait plus le style des "Canards de Camao" et du Nouvel Observateur des années 70, même la chanteuse Joan Baez s'était repentie. On ne vit plus déambuler à Paris depuis le 1er Mai 1978 les sympathisants gauchistes tenant le drapeau du Front National de Libération, tout simplement parce qu'il n'existait plus ! D'autres comme Jean-Paul Sartre, Roger Pic et Jane Fonda avaient préféré garder le silence... On n'entendit plus les gauchistes vanter la réunification du Viêt Nam mais on chuchotait à propos de l'existence de goulags et des "camps de rééducation" où tous les officiers du Sud Viêt Nam devaient passer en moyenne deux, trois ans; un ami médecin mobilisé a laissé dix ans de sa jeunesse dans ces goulags, sans compter les humiliations, mal-traitances et privations. Des civils comme le Doyen de la Faculté de droit de Saigon, des enseignants, fonctionnaires, cadres ou responsables des entreprises étrangères... devaient tous passer plusieurs mois ou plusieurs années de "rééducation", beaucoup ne reviendront pas....

Plus de trente cinq ans ont passé mais cette guerre largement médiatisée par la presse et la télévision, incomprise des occidentaux et déformée par la propagande communiste, reste toujours présente dans la mémoire des Vietnamiens de ma génération. Après leur exode ou leur réunification familiale, beaucoup d'entre eux se sont établis aux Etats Unis. D'autres plus rancuniers envers cet ancien allié qui nous a "trahi et vendu" ont préféré refaire leur vie au Canada, en Australie ou en Europe. Une mince consolation cependant après ces années d'amertume est la récente déclaration de Henry Kissinger le 29-9-2010 lors de la conférence organisée par le Ministère des Affaires Etrangères à Washington (The American Experience in Southeast Asia) pour affirmer à la Chine le retour des Etats Unis en Asie: "La défaite au Viêt Nam en 1975 était due aux Etats Unis et non à la République du Sud Viêt Nam". Actuellement les Vietnamiens exilés de la deuxième génération se sont bien implantés dans leur pays d'accueil, bon nombre d'entre eux se désintéressent de ce pays lointain et parlent du Viêt Nam comme le pays de leurs prochaines vacances: la troisième génération saura tout juste où se trouve ce pays mais j'espère que mes petits enfants ne seront pas indifférents à la vraie histoire de mon pays natal.

Dr. TRẦN Ngọc Quang
Ancien Médecin-Capitaine de
l'Armée de la République du Sud Viêt Nam.
Paksé, Province de Champasak, Bas Laos,
Novembre 2010

___________

Analysis of a war

Dr. Trần Ngọc Quang

How to explain later the Viêt Nam war to our grandchildren? This war we lost in 1975, a loss that forced us to request refuge in France ? Our grandchildren may have seen already either the documentary “Viêt Nam, a television history” from the Public Broadcasting Services (PBS), which is a distorted version of this war as inspired by Stanley Karnow’s book, the Henri De Turenne’s of French Antenne 2 televised series on Viêt Nam or articles/books from the biased Left by David Halberstam, Neil Sheehan, Tiziano Terzani. They may even read books from communist ideologists like Wilfred Burchett, we hope that they do read also books from Stephen B. Young, Pierre Darcourt, Douglas Pike…as well as books from the Viet Nam Center at Lubbock in Texas.

Guns were silenced for over 35 years now, but the Viet Nam’s war keeps on haunting the memory of Vietnamese people of my generation: why in the 60’s, the US a nation so powerful, had lost this war ?
To understand this very complex topic, one has to study it with a perspective view within the context of time when this war happened. One has to consult Memoirs of politicians deeply involved with this war, as well as the secret American archives which were recently declassified: Despite more than ten years of fighting which cost the lives of some 58,000 American soldiers and a bombs-tonnage more than double the total tonnage of bombs dropped during World War II, the US Congress have never officially voted on a War Declara-tion Act.
When North Viet Nam opened its borders to tourism in the decade 1990, I saw in Ha-noi and its suburbs many intact houses, built since the French Colonial era. One has to won-der where all the American bombs we saw on television screens were dropped ?
If one thinks of the fact that the two German cities - Dresden and Hamburg - were en-tirely decimated in just 2 nights of bombardment, one has to ask oneself many ques-tions….The situation of South Vietnam during the war against Northern Communists was like a boxing match where one opponent had one hand tied behind his back : The South was forbidden to bring the war north of the 17th parallel but Northern Communist Armed Forces could infiltrate, even invade the South at will.
Many books and articles were written on this war, the first war which was overly cov-ered by the media with a special importance given to live televised videos. After 30 years, secret documents from the Pentagon and the CIA were declassified, giving us distressing truths which vindicated the revelations given by William Conrad Gibbon in his book “The US Government and the Vietnam War” published in 1989.
No, South Viet Nam was not lost following Richard Nixon’s resignation after the Wa-tergate’s scandal on August 8th 1974, even though he had a formal written promise given to President Nguyên Van Thiêu, a promise of aid to South Vietnam in case of violation of the Paris Peace Agreement by North Vietnam.
No, South Vietnam was not lost after violations of the January 17th 1973 Paris Peace Agreement. This country was already condemned since the conclusion of the Geneva Con-ference on the neutrality of Laos in 1962, not to mention the 20th of July 1954 Peace Treaty on Indochina after the battle of Diên Biên Phu.
The superpowers nations should have solved the Laos problem at the same time then and divided Laos also in 2 parts like in the case of Vietnam. This partition of Laos should have been done despite the reluctance of France and the United Kingdom, and even without the demand of communist Pathet Lao.
However, the problem was never just strictly the war in Vietnam; Pierre Mendes-France the French Prime-Minister in July 1954 would have to resign if he could not solve the Indochinese conflict in just 30 days. This “oversight” of the Laos problem, was it a deliberate decision of the superpowers nations? The answer would be no, the oversight seemed to be just a blunder from involved politicians and military strategists of that time.
One has to remember that Diên Biên Phu is just located at 8 km from the border be-tween Vietnam and Laos, a country haft the size of France with a 1000 km common border with Vietnam and a 200 km common border with China. Solving the Indochina war with just a partition of Vietnam at the 17th parallel, without dealing with the situation in Laos, is a deci-sion that made us wonder.
In 1954, communist Laotian soldiers occupied already the two northernmost provinces of this country and Chinese logistic supply already transited in Laos since 1950 during the Indochina war.
In 1956, when faced with the US and Ngô Dinh Diêm ‘s refusal to organize national elections required by the Geneva Treaty - treaty they refused to sign then in Geneva - , North Communist Vietnamese leaders decided to bring the fight to the South by infiltration via Laos , thus bypassing the demarcation line of the 17th parallel.
This decision to continue the fight in the South, solidified as the “15th Resolution” of the Vietnamese Communist Party in January 1959, involved the construction of a road com-plex system in the Laotian jungle, aiming to bring manpower and ammunitions to South Vi-etnam. What did Allen Dulles’s CIA do to deal with this problem then? The CIA knew certain-ly about this road construction but might have not submit all of its findings to the State De-partment , allowing it then to have a thorough analysis; it could also be that American diplo-mats of the 1958-1960 era were underestimating Ho Chi Minh who opened the “other front “in South Vietnam.
In December 1960, the “National Front of Liberation of South Vietnam” was just a smokescreen group, - a fact acknowledged and confessed later by Hanoi – created in order to oppose the pro-American regime of Saigon, it rallied former communist members of the South (Việt Cộng) , leftist vietnamese intellectuals educated in France - including some for-mer members of the French Communist Party - and an enlarging number of infiltrated fight-ers from the North.
These idealistic South Vietnamese intellectuals, who were naïve enough to believe in the promises of the VCP (Vietnamese Communist Party), would be discarded from power soon after the end of the war in 1975.
It was reported that during the historic transfer of Presidential Power at the White House with John F Kennedy in January 1961, Dwight Eisenhower discussed more than one hour on Laos with the president-elect but spent just barely one minute on Vietnam, even though the National Front of Liberation of South Vietnam was already in existence. If Laos was partitioned like Vietnam, a single common demarcation line dividing the 2 countries would be much better to control communist infiltration. The Allied could even bring the war to Laos instead of withdrawing inside Vietnam and build a precarious defense line behind a long, mountainous, sieving border, which was unfortunately what Kennedy wanted.
Kennedy was elected in November 1960 with one of the narrowest margins of Ameri-can History: 49.5% against Nixon’s 49.4%. Furthermore, during the electoral campaign, Nix-on attacked Kennedy for his lack of firmness against communism. If Vice-President Nixon won the elections in 1960, he would follow President Eisenhower’s policy and bring the hos-tilities to Laos and the Vietnam War may not happen as well as all of its tragic consequences.
We cannot re-write History with “If ” and “But” , we will be better off trying to analyze the whole situation in the context of its period.

analyse guerre

Maps of Laos

analyse guerre

Maps of South East Asia and including Tonkin (North Vietnam)

The USA committed a serious strategic error in 1954 in thinking that they could solve the Laos problem at a later date, but it was instead Laos that would soon dictate the fate of Vietnam .
At the Geneva Conference on Laos in 1962, the Democrat William Averell Harriman , Assistant Secretary Of State / Bureau of South East Asia , was in charge of American dip-lomatic negotiations. He knew communists well enough but he was willing to give-in more and more concessions to them, probably under pressure from Jewish US senators, who never wanted a strong US commitment in Asia at the detriment of the cause of Israel.
May be, it was by specific order from Kennedy that Harriman ignored totally the repre-sentative of China, Marshall Chen Yi‘s proposition to partition Laos. Peking never wanted a too powerful neighbor in Vietnam.
Public opinion overestimated the presidential values of John F Kennedy who was in power for 3 years only: The declassification of secret documents gave us a profile of a very indecisive person, surrounded by a group of highly intelligent technocrats, university gradu-ated advisers (The whiz kids) but who were totally ignorant on problems related to South-East Asia. Furthermore, Kennedy and his inner circle never followed the advice of President D. Eisenhower.
In 1956, after helping President Ngô Dinh Diêm to put back on its feet the situation in South Viet Nam, the US should have done the same in Laos, by providing more substantial aid to Princes Boun Oum and Phoui Sanikone’s pro-western faction , and by pulling Prince Souvana Phouma’s neutralist but communist-leaning faction more to the Right..
In August 1960, after the coup leaded by neutralist-leaning Captain Kong Le, over-throwing the nationalist but pro-western government of Prince Phoui Sanikone, the newly created government of Prince Souvana Phouma was recognized immediately by Moscow and Hanoi.
Laotian royal army General Phoumi Nosavan, helped by the Americans, then liberated the capital Vientiane, forcing Souvana Phouma to escape to Cambodia and Kong Le to re-treat to the communist Pathet Lao sanctuary in the Nord. The Pathet Lao succeeded to resist fiercely to attacks from Phoumi Nosavan’s nationalist forces, thanks to logistic support from Russian and North Vietnamese forces.
That was the situation when President Kennedy took power in January 1961.
Well, in order to invade South Viet Nam, the communists had only one choice : to infil-trate via Laos’s territory. The alternative was to break out across the 17th parallel partition line between North and South Vietnam – as it was done in the previous case of Korean War – this may trigger the wrath of Western Powers and eventually set off a new war.
We have to remember that the Vietnamese Communist Party’s was known previously under the name of “The Indochinese Communist Party”. Ho Chi Minh, a member of the 3rd International Communist Congress, had a dream to expand Communism throughout the whole Indochina, saw right away this loophole in Laos, and from 1956, he started to use this loophole to elaborate on an invasion strategy of South Viet Nam.
It was imperative at all costs for Ho Chi Minh to control Laos totally and eventually to draw Cambodia to his camp. China, which became communist officially since 1949, will han-dle this last point to pull Cambodia to the communist side, because China always needed an opening in the South Sea region.
Later, history will reveal the hidden ambitions of China on the archipelagos Paracels and Spratlys, located south of the 17th parallel, archipelagos which belonged to South Viêt Nam. In 1958, Ho Chi Minh and Prime Minister Pham Van Đồng of North Viêt Nam, who un-derstood well the Chinese hidden agenda, agreed in secret to grant officially these archi-pelagos to China , in exchange for its full logistic support in their future fight in the South.
Kennedy’s first great mistake was an omission to define exactly, right at the beginning, the political mission mandate of the US in South East Asia. Afterward, President Lyndon Johnson continued his predecessor’s policy, escalated the fighting without ever having the intention to win the war.
At that time, the US believed in the “Domino theory”, theory surmising that the loss of one country in South East Asia will entail the loss of all other countries of this region. .
History has proven that the “Domino Theory” was an erroneous concept.
Another American concept was to treat China as its sole opponent. After the Korean War, the US were convinced that any direct attack of North Viet Nam will trigger an armed Chinese intervention, that America should neither try to overthrow the regime of any com-munist country sharing borders with China, nor should they ever conduct military operations near Chinese borders.
This conceptual view of the situation will dictate later the policy of Presidents Johnson and Nixon, who therefore will not dare to consider military land-operations outside of the bor-ders of South Viet Nam.
President Kennedy’s second mistake was to propose the treaty of 1962 on the neutral-ity of Laos. Kennedy considered Laos’s terrain as not appropriate to conduct aero-naval combats per American war concept, and assumed wrongly that North Viet Nam will respect more or less Laos’s neutrality and will not conduct any massive invasion of South Viet Nam.
Even the US presidential military adviser, General Maxwell Taylor, whom Kennedy lis-tened to the most, committed the same mistakes : Sharing the same errors of judgment committed by his French predecessors, he ruled out any strong responses from North Viet Nam, he believed that the US should not be afraid of massive influx of communist troops and that North Vietnam was very vulnerable to conventional air bombardments. All these asser-tions became guidelines for the American policy of the Viet Nam War, which will be eventual-ly proven erroneous.
In 1962, when George Ball predicted that someday there will be a need to send 300,000 American soldiers to Viet Nam, Kennedy told him: “George, you are crazy. Such a thing will never happen!” However, three years later, the American forces in Viet Nam amounted to haft a million soldiers.
Taking advantage of the American credulity on Laotian neutrality, Hanoi hurried to have the 559 Military Corps of Engineer expand, with a detour in Laos and Cambodia, the Ho Chi Minh trail , which – after the 1973 Peace Accords of Paris - will have the capacity of bringing T54 Soviet tanks and gas pipeline up to 60 km from Saigon.
We have to remember that this famous “trail” , with its many diversions, is 70% in Laotian territory and many parts of the "trail" were large enough to accommodate two ways lanes for tanks and Molotova trucks cruising at the same time as shown in photos taken by satellite in 1974.
In 1971, from 2,500 to 3,000 trucks were found using constantly the Laotian part of this trail and every night one can find convoys from 500 to 1000 trucks each, running on the "trail", carrying foods, supplies and ammunitions to the South.
Hanoi acknowledged the loss of some 35,000 trucks on the "trail" due to bombard-ments, although American sources mentioned the destruction of some 46,000 trucks. In 1967 when there was an American truce of bombardment on this trail, during an attempt of negoti-ation via the intermediary of Alexei Kosygin in visit to London, Hanoi intensified its infiltration south to the 17th parallel to such a level that an American pilot compared the traffic on the trail as busy as the New Jersey Turnpike bottleneck during a weekend home return.
But why the American State Department could become so stupid to the point to pro-pose neutrality in Laos in 1962? Yet, from 1956 to 1959, the CIA and the American Special Forces were present in Laos and provided ample information to alert the White House. By 1960, in the fading months of his administration, President D. Eisenhower stated clearly that whoever holds Laos will have full control of South East Asia and Laos should be protected at all cost. It was unfortunate that the Kennedy inner circle did not listen to this advice.
In July 1961, after unsuccessful attacks against Pathet Lao forces in Tchepone , a strategic city in Laos controlling the infiltration trail toward the 17th parallel, Alexis Johnson, Under-Secretary at the State Department, warned again Kennedy that “Laos is the key to Viet Nam”.
The Laotian southernmost provinces of Salavan and Champasak with its cities Tchépone and Paksé , should have been kept under tight control but American Armed Forces were not dispatched to Laos despite many discussions on this matter at the White House.
Kennedy was rather leaning to negotiations, encouraged by Averell Harriman and es-pecially by the freshly elected Senate Majority Democrat Leader Mike Mansfield from Mon-tana. Senator Mansfield had been lately preaching a neutral regime in Laos.
Michael V. Forrestal, one of Kennedy’s main advisers and head of the Viêt Nam Coor-dinating Committee , chosen for his “fresh view” of the Viet Nam problem, even warned the President when he was nominated to the National Security Commission, that he knew prac-tically nothing of Asia in general and of Viet Nam in particular.
On the contrary, another close presidential adviser, the very scholarly Mc George Bundy, a “hawk” among many “doves” at the White House, advised the massive sending of American soldiers to Laos but the Pentagon did not listen to him either. On the other hand in 1962, his collaborator Walt Whitman Rostow, Director of Planning at the State Department, proposed a plan of massive sending of GI’s to Viet Nam and this proposition was approved right away by Kennedy.
All the decisions taken by civilians in Washington DC were often conflicting and even the Pentagon did not dare to get involved in Laos.
The American stupidity concerning Laos deserves that we spend some time on the famous 1962 Geneva conference. This conference, although not well known among the public at large, was nonetheless the real culprit of all the disasters happening in Viet Nam later.
The American foreign policy was entrusted to Averel Harriman who drew himself all the details of the plan on the Laos neutrality. His team advised Washington for a convention-al war with “American norms” in South Viet Nam rather than in Laos, because American troops were not well trained to conduct combats in such a mountainous terrain. This was very true then, when the main question in war was either or not to use atomic weapons.
Conducting a conventional war like in 1942 was not in the mind of anybody.
Laos was such a far-away, remote country ; very few people knew even its location, not to say anything about its geostrategic value; nobody in 1962 was interested in Laos ex-cept the communist bloc. Furthermore, no signatory nation of the 1962 Laos Neutrality Ge-neva Conference had the intention to respect its new neutrality once the American troops were gone. In effect, the troubles started in January of the following year, launched by Hanoi which was in a hurry to channel armed forces to the South via Laos.
This neutrality plan for Laos by the Kennedy government provoked an outcry from the Pentagon : The slogan “A neutral, sovereign and Independent Laos” is just empty words be-cause this small country of five million people had no means to protect its borders against North Viet Nam and against communist Pathet Lao. So the Lower Laos, especially the vul-nerable provinces of Champasak, Salavan and Attapeu eventually became a sanctuary camp for northern communist forces before their infiltration to South Viet Nam.
The documents on this Peace Conference showed a disconcerting American naivety. Kennedy’s instructions to his team during the Conference showed us an hesitant, even weak president, as told by his wife Jacqueline to Daniel Ellsberg (the future leaker of the Pentagon papers in 1971).
Kennedy asked often his subordinates what they would do if they were in his place; His hesitations were the cause of the death of 58,000 American soldiers, the loss of South Viet Nam and the misfortune of millions of South Vietnamese people abandoning family and country to run away from the communist regime.
Kennedy’s third mistake was to approve Roger Hilsman, Mike Mansfield (who was Ngô Dinh Diêm’s supporter in 1954) and Averel Harriman as well, in the planning of a coup in November 1st 1963 to overthrow the government of President Ngô Dinh Diêm in Saigon. Kennedy did not also formally forbid the putschist South Vietnamese generals to assassinate this president either, thus seeding the roots of anarchy in South Viet Nam after this death.
Archives and audiotaped recorded in the White House revealed that it was General Duong Van Minh who gave the order, with the tacit agreement of American High Command, to execute president Ngô Dinh Diêm and his brother Ngô Dinh Nhu inside an armored vehicle M113, even though the US Ambassador Henry Cabot Lodge did previously promise safe-guarding his life if the president willingly agreed to leave Viet Nam.
The French and the former emperor Bao Dai installed Ngô Dinh Diêm as Prime-Minister in 1954 and the US government gave him support and aid right away. Ngô Dinh Diêm was received in Washington by Eisenhower in 1957 as a Chief of State. Later the Vice-President Lyndon B Johnson, called him “the Churchill of Asia”. Washington lost all of its credibility in the whole world when some 8 years later, it authorized a fatal coup.
The real cause of the overthrow of Ngô Dinh Diêm was his staunch opposition to a massive presence of American soldiers on Vietnamese soil in 1962; this is not acceptable to the American foreign policy which mandated total control where the US gave economic aid. Saigon government anti-Buddhist oppression in 1963 was real, but vastly exaggerated by the local press manipulated by the CIA, it served as a pretext to be played in the hands of the media.
Furthermore, the presence of American Armed Forces in Viet Nam became “holy bread” for communist propaganda and used as a slogan in a “war of liberation” in the South against a foreign invader.
Cambodia was under the authority of - a so called neutral - Prince Norodom Sihanouk, who in reality allowed Viêt Công partisans, coming from the Laotian border of the province of Champasak, use his territory to infiltrate South Viet Nam and to create a High Command Center called "Core R" in Cambodia. The harbor city of Sihanouk-Ville (currently Kompong Som) received arms from Chinese ships coming by sea routes and allowed these arms trans-ferred to South Vietnamese territory later.
And so, North Vietnamese forces could infiltrate South Viet Nam with impunity via Laos and Cambodia. At one time, their forces reached a number close to one million of sol-diers but, despite all these facts, many western people believed naively that it was only a re-volt by South Vietnamese people and there was no involvement of northern soldiers !
Kennedy was himself assassinated 3 weeks after the coup overthrowing Ngô Dinh Diêm and the new President Lyndon Baines Johnson allowed White House bureaucrats like William Bundy and Robert Mac Namara to interrupt the “Strategic Hamlets” national program which isolated effectively the Viêt Công from the population.
Mac Namara, a former Ford Director, Secretary of Defense, behaved like an adminis-trative manager, dealt with the war mostly with numbers and ignored completely military problems as he confessed later in his Memoirs.
The stopping of the “Strategic Hamlets” program was done per request from General Duong Van Minh, who distinguished himself neither as a genius in politics nor as a strategist in military matters: in 1976, the northern victors revealed that the stopping of the “Strategic Hamlets” program was a godsend gift to them. This program exploited effectively the vulner-ability of communist forces in populous regions in South Viet Nam. As the late Ho Chi Minh commented, after the murder of Diêm, to communist journalist Wilfred Burchett “I have never thought that the Americans could be that stupid".
By 1964, the American forces took a more and more active part in the conduct of the war which opposed us to the Communist Bloc. After the Gulf of Tonkin Incident when North Vietnam Navy torpedoes boats may have provoked the USS Maddox destroyer in interna-tional waters of the Gulf of Tonkin, the US Congress voted the “Gulf of Tonkin Resolution” (416 votes yes and 0 vote no) to give President Johnson the green light to conduct the war and to counter attack as he deemed appropriate. But the President did not know then how to take advantage of this new spirit of unity of the American people, like the way it was done previously after the 7th December 1941 attack on Pearl Harbor.
With a force of 23,000 men in 1964 plus the whole South Vietnamese Armed Forces as well as the might of the 7th aero-naval Fleet in the Pacific, winning the war against North Viet Nam should have been just a matter of months. During his time, General Mac Arthur said that “in war, there is no other solution than victory”, but Kennedy never defined what kind of war and what kind of victory he wanted in Viet Nam. Johnson, too weak in character, contended himself to escalade air bombardments of North Viet Nam because he overestimated the Chinese Threat, Johnson withheld authorization to even consider any land opera-tions on the other side of the 17th parallel.
The Pentagon thought that with heavy bombardments, it could bend North Viet Nam‘s will to fight; it misjudged completely the communist Asian mentality. The CIA did not come up with good information, and Dean Rusk, the Secretary of State, influenced by visions of Chi-nese human waves in Korea, came up with a wrong analysis of the situation. We do know now that Mao Ze Dong , amid the devastating cultural revolution, would never intervene as long as the American attacks did not infringe on Chinese territory. Russia, first under Khrushchev and later under Brezhnev did have many other worries like the nuclear dis-armament treaty and will not intervene either. With the green light from the Congress, The US should have then strengthen their dip-lomatic relations with Russia, reassure China, win the war in a few months and then withdraw from South East Asia. Alas, this weak president Johnson lost the unique chance to win the war and solve the Viet Nam problem in a short time. I will never forget Israeli general Moshe Dayan’s press conference in 1966 during his visit to Viet Nam: In the presence of many western journalists, François Sully from News Week asked him this question: When do you think the Americans will win the war? Moshe Dayan simply responded: “in1965” (the previous year). He even wrote later, probably under the influence of American Jews who were concerned that a US stalemate in Viet Nam may hinder American Aid to Israel, that the US cannot win the war with the way it was conducted and should withdraw its troops from Viêt Nam. The Western Press estimated that it took 1 million dollars to kill one Viet Cong in this “Phoney War” when MACV ( Military Assistance Command for Viet Nam) located in Saigon, reported to the Commander in Chief in Honolulu but should receive specific orders from ci-vilians at the Pentagon and in the White House to attack any objective, as written by General William Westmoreland, MACV commander , in his Memoirs “A Soldier Reports”. Furthermore, his famous line: “I want to go to Tchépone but I do not have the tickets” explained so well the difficulties of his commandment”.
Also Admiral Ulysses Grant Sharp Jr, Commandant of the Pacific 7th Fleet, in his book “Strategy for Defeat” reiterated the fact that targets of bombardments in Laos and North Viet Nam were defined by civilians in Washington. George Herring epitomized so well Westmoreland’s state of mind in his book “LBJ and Vietnam: A Different Kind of War”: A limited war with limited objectives, combats with limited means in a war defined by limited possibilities. … “Phoney War” but also very bloody war for the 20 years young recruits, who were born during abundant time after WW II and , after just some 3 months of training, landed to “Planet Vietnam” to defend the Free World against International Communism. In the meantime, the Vietnamese Communist Party intensified its propaganda activi-ties within western democratic nations, targeting at first the Left and later on, the public at large. That was how we saw the leftists, at first manifesting naively in Paris in 1968 for Mao-ism, not knowing that Mao Ze Dong liquidated millions of persons under a dictatorial regime, or brandishing the flag of the National Front of Liberation of South Vietnam. They fell into the trap set by Hanoi which always pretended that the war was an internal revolt of the South and Hanoi did not play any role in this struggle. Leftist western intellectuals fell in this fantasying lie and believed in the legitimacy of the Revolutionary Government of South Viet Nam until the Fall of Saigon, when Tanks with Northern Vietnamese flags made their appearance with thousands of regular soldiers from the North in the capital. Even the South Vietnamese “Viêt Công” were duped by the Viet-namese Communist Party because in 1976 after the reunification of Vietnam, they were pro-gressively put aside.
Nobody was interested in the fate of the Republic of South Vietnam which, abandoned by all sides and soon also by its American ally, continued valiantly the fight for survival. It was not an American war, it was not even a war between the two Vietnams but it was a war between the Communist Bloc supported by USSR and its satellites and the Western Bloc, supported by the US.
Soon, tired by this war of attrition and by the pacifist movements which were growing bigger everywhere in 1968, the US finally decided to drop its ally with the help of a deceptive person named Henry Alfred Kissinger. What’s more, since 1968 the US wanted already to withdraw from Viet Nam; this was shown clearly when President Johnson nominated a civilian with very superficial military experience : Clark Mac Adam Clifford as Robert Mc Namara’s replacement as Defense Secretary. Clifford was an antiwar person and nobody at the Pentagon would dare to contradict him, except for the Commanders of MACV and of the 7th Fleet who proposed a plan to stop communist infiltration by attacking the Lower Laos and by using aero-naval forces to attack strategic targets in Nord Viet Nam. That was how Wash-ington’s civilians led go another chance, may be the last one, to win the war in May 1968 af-ter the TET offensive, when more than 50% of the National Liberation Front of South Viet Nam was decimated then.
The TET general offensive was a communist’s great military defeat but somehow it was turned into a victory by manipulating foreign political propaganda.
We have to remember that the US, under Richard Nixon, finally gave their approval for South Viet Nam’s Armed Forces to retaliate by invading Cambodia in May 1970 and by in-vading the Lower Laos in February 1971; but it was too late. The "Vietnamization" of the war started in 1969 (as if South Vietnamese soldiers never fight before !) with reduced troops ef-fective and 75% of American Forces already withdrawn: it will be done for the simple purpose to change the skin color of the dead.
However, there were still many naïve senators like James William Fulbright of Arkan-sas who asked at the Senate Foreign Affairs Committee hearing in 1971 : “What is the rea-son why North Viêt Nam wants to conquer Laos?”.
After Nixon trip to Peking in 1972, China promised to stop its expansionist policy in Asia and to open itself to international commerce. Viet Nam was no more the bastion of the Free World in its fight against Communism and, de facto, the restitution of American prison-ers became the only important matter. For the rest “the Vietnamese will have to deal between themselves”.

History revealed the hidden sides of the Paris Accords on January 23rd 1973 and the Americans’ blunder when they stopped the massive air bombardments on the North on de-cember 1972, in order to bring North Vietnamese back to the negotiation table in Paris, even though Hanoi was ready to give in if the bombardments would have been kept on for a few more days.
In Paris, while Kissinger kowtowed in front of Le Duc Tho, one most powerful member of Hanoi’s Politburo, as written in his Memoirs “like a punished pupil in front of his master”, at the same time he was threatening and forcing South Vietnamese President Nguyên Van Thiêu to accept Nixon’s conditions : although American troops had to withdraw completely but North Vietnamese soldiers were allowed to stay in South Viet Nam. Larry Bergman wrote in his book: “No Peace, No Honor: Nixon, Kissinger and Betrayal in Viet Nam” : It is Ameri-can cowardice during this period, wanting at all cost to “withdraw with honor” and at the same time condemned South Viet Nam by decreasing drastically all economic and military aid, while the Communist Bloc intensified its supports to North Viet Nam.
Nevertheless the armed forces of South Viet Nam had shown its bravery and held in check by themselves the enemy general offensive of 1972. However after the Peace Treaty of Paris, all military aid to South Viêt Nam was cut-down forcefully : an artillery gun can fire 3 shells a day only, airplanes could only take off for a few hours only per sortie.
The public of Western Nations did not know all these hidden sides of the situation when it criticized loudly South Vietnamese’s conduct of the war. In the “leopard skin” cease fire, North Vietnamese troops did not have to worry about B52 bombardments along the Ho Chi Minh trail anymore, and in 1973, they penetrated in Laos and Cambodia with impunity to invade South Vietnam. Their troops were to the order of 10 divisions with full logistic supports from the Soviet and China.
Communist Armed Forces began their final assault right away after the new US Congress with a majority of Democrats, voted – against the plea of a Republican President – to forbid sending American troops outside the US without the specific consent of Congress , and also to cut down to the maximum any material aid to Saigon,.

An awkward and badly executed military retreat precipitated the defeat of the whole South Viet Nam Armed Forces in just 2 months. The proclamation of unconditional surrender was given on April 30th 1975 by Duong Van Minh, the newly designated President who was also the head of the 1963 coup. All the while, the South Vietnam 4th Army Corps in the Mekong Delta had not start a single fight.
The Fall of Saigon will constitute a turning point in contemporary history. It left a mark in the soul of thousands and thousands of French and American people as well as in the soul of millions of Vietnamese after a long thirty years war that could have been avoided in 1946, because – except for Viet Nam - all former colonies in Asia regained their independence peacefully, without any war. Nobody will believe any more in American Friendship, and as stated by a diplomat: It is better to be an enemy of the American people than to be its ally.
Communism spread to Africa and South America and was never more expansionist until its downfall in 1991. The US will not recover from this defeat which will eventually per-meate, by the “Vietnam Syndrome”, all domestic politic matters of the US as well as their Foreign Policy , as shown by their reluctance to get involved in Nicaragua, Salvador and the Honduras, or their retreat out of Beirut.
Richard Nixon epitomized so well this state of mind in his book : ”No More Vietnams”.
In France, Leftist intellectuals had finally opened their eyes when they were confronted with the boatpeople tragedy: Why did the Vietnamese people escape from their own country by high sea, on very rickety boats, risking their lives at the moment of Peace and Reunifica-tion? These boatpeople were intellectuals, former military personnel having served time in re-education camps, Southerners having seen the real face of the new regime, former civil servants whose children were forbidden access to university….
The actor Yves Montand (former member of the French Communist Party) and Bernard Kouchner, (former president of the Association of French Communist Students, former minister of Foreign Affairs, former Secretary of Health of France,) chartered the ship “Ile De Lumière” (Island of Light) to rescue refugees in the high sea. Jean Lacouture from the newspaper Le Monde, who had always supported Hanoi and admired Ho Chi Minh in his bibliographic book, who was the first journalist allowed to travel freely from North to South with his wife, wrote a book “Vietnam, Voyage through a victory” in 1976 with many unan-swered questions.
Oliver Todd published “Cruel April” and one cannot recognize anymore the theme de-veloped previously in his novel “Canards de Camao” (Ducks of Camau) and in his journal Le Nouvel Observateur of the 70’s. Even the singer Joan Baez repented her old errors.
Since May 1st 1978, we could not see any more the public manifestations in the streets of Paris by Leftist sympathizers holding the flag of the National Front of Liberation for the simple reason that this flag no longer exists. Other intellectuals like Jean Paul Sartre, Roger Pic and Jane Fonda preferred to be silent…We don’t hear any more Leftists bragging about the Reunification of Vietnam but one can hear many whisperings about the existence of gu-lags and so-called “camps of re-education” where all South Vietnamese officers had to spend an average of 2 years.. A friend, a physician drafted in the Military, spent some ten years in these gulags, not counting humiliations, ill-treatments and deprivations. Civilian people like the Dean of the School of Law in Saigon, teachers, civil servants, managers and executives of foreign enterprises… were obligated to spend several months or even several years of “Re-education”. Many of them will never come back…
More than thirty years have passed but this war, which was overly covered by the press and the television, which was misunderstood by western people and distorted by communist propaganda, remains always present in the memory of Vietnamese people of my generation.
After their exodus or their family reunification, many of these Vietnamese got estab-lished in the US. Others, more vindictive toward this former American ally who “betrayed and sold them out” preferred to restart their life in Canada, in Australia or in Europe.
However a slim consolation after so many years of bitterness was found in the recent statement of Henry Kissinger on September 29th , 2010 during a press conference organized by the State Department in Washington (The American Experience in South East Asia) to assert to China the return of the US to Asia: “The defeat in Viêt Nam was due to the US and not the Republic of South Viêt Nam”.
At the present time, people of the second generation of exiled Vietnamese are very well established in their adopted country. Many of them are disinterested in this far away country and spoke of Vietnam only in terms of a place for future vacations. The third genera-tion probably may know only its approximate geographical location, but I hope that my own grand-children will not be indifferent to the truthful history of my native country.
Tran Ngoc Quang, M.D. Former Captain/Medical Corps, South Viet Nam Armed Forces Paksé, Province of Champasak. Lower Laos November 2010.